Data et Objectivisme

Note: Cet article est écrit par Bruno Walther et tous les points de vue exprimés ci-dessous sont ses pensées personnelles. Ils ne représentent pas Captain Dash.

Ayn Rand est-elle la mère de la data revolution ?!

Beaucoup pensent que l'émergence de la data est un phénomène technique.

Je ne le pense pas.

La data n'est pas politiquement neutre. Elle est le fruit d'une vision métaphysique, épistémologique et éthique du monde.

La vision epistémologique : la raison

Penser au prisme de la data, c'est fonder son raisonnement sur des faits objectifs et raisonnés. C'est penser qu'il existe une réalité objective. C'est penser que la conscience est la faculté de percevoir ce qui existe et que l'on acquiert des connaissances en se libérant des anti-concepts que sont les mythes, les croyances ou les valeurs uniquement émotionnelles. C'est nier l'existence de la connaissance “à priori” et ne pas croire qu'il existe "des vérités par vertu de signification".

La vision métaphysique : la réalité métaphysique

Penser en matière de donnée c'est avoir la certitude que la réalité existe indépendamment de son observation ou de sa conscience. Elle est là pour celui qui la découvre. Les choses sont ce qu'elles sont, elle possèdent un caractère spécifique, une identité propre. Dès lors la conscience est un concept relationnel. Son objet n'est pas de créer des nouveaux objets mais de les découvrir et d'établir des liens et des hiérarchies entre eux. L'esprit ne créé par la réalité mais est un moyen de découvrir la réalité.

La vision éthique : les lois de la logique

L'éthique de la data consiste à faire de la raison objective son seul guide d'action. La source de toute les autres vertus. C'est baser nos convictions, nos buts, nos valeurs, nos actions sur un processus rationnel précis et rigoureux fondé sur les lois de la logique et non sur des doctrines, des visions esthétisantes ou des conventions sociales. C'est penser que l'irrationalité est pour l'Homme un engagement dans l'autodestruction.

Pour faire court, la data a un substrat philosophique. Et ce n'est pas un hasard si la quasi totalité des data entrepreneurs, de Peter Thiel à Tay Kurzweil, partagent une vision commune du monde.

Et cette vision porte un nom : l'Objectvisme au sens où Ayn Rand l’a formulé. Dans ce sens la data est l'enfant naturel d'Ayn Rand ou pour être plus précis sa grammaire. Elle porte intrinsèquement ses valeurs, ses règles.

Nous ne sommes qu'au début de cette vague. Mais de Uber à Airbnb en passant par Netflix, les startups data centric balayent les conventions. Elles dessinent une société basée sur la réalité et la raison comme principe d'analyse, l'intérêt individuel et l'estime de soi comme éthique et le capitalisme comme outil de transformation.

La data est politiquement orientée. C'est le catalyseur d'une transformation radicale du monde vers une société plus rationnelle, plus libre où le capitalisme redevient ce système bénéfique où les innovations portées par la créativité humaine profitent à tous sans causer de pertes aux autres.

Et c'est une formidable bonne nouvelle.

 

Par : Bruno Walther  Bruno Walther, CEO & Co-Fondateur chez Captain Dash.  Vous pouvez le trouver sur Twitter @brunowalther .